LîDjibouti - pour l'amitié et la solidarité entre habitants de Belgique et de Djibouti
Le vendredi 11 décembre 2015 à la Cité Miroir (Salle Francisco Ferrer) à Liège a été projeté un film de la réalisatrice française Emmanuelle Labeau pour le compte de l'association "Femmes Solidaires".

Cette projection était organisée par notre association LîDjibouti associée au GAMS-Belgique. Le GAMS c'est le Groupe pour l'Abolition des Mutilations Sexuelles.

Ce film raconte l'histoire de femmes qui luttent activement contre les MGF en région Afar de l'Ethiopie voisine de Djibouti.

Voici un extrait d'une interview d'Emmanuelle Labeau, la réalisatrice du film :

Kimbidalé" est un film sur l’excision en pays Afar éthiopien, qu’est-ce qui vous a conduit à travailler sur ce sujet ?
Kimbidalé est né grâce à une succession de rencontres, de volontés et de solidarités: d'abord à Bagnolet, dans le quartier des Coutures. C'est dans ma cité, là où j'ai grandi que j'ai rencontré une grande militante Afar originaire de Djibouti et d'Ethiopie, Aïcha Dabalé. Depuis 30 ans, elle lutte contre les violences faites aux femmes Afar de la Corne de l'Afrique (Djibouti, Ethiopie, Erythrée). Membre de l'association Femmes Solidaires, elle m'a informé des actions de solidarité internationale que le mouvement féministe français mène au côté des femmes Afar d'Ethiopie, depuis 2005. J'ai été toute de suite touchée. Aïcha Dabalé et Yvette Barilleau, une autre militante de Femmes Solidaires et référente du projet pour l'association, m'ont raconté comment deux femmes Afar, deux femmes courageuses, audacieuses, Madina Aïdahis et Halima Issé ont mené une lutte sans merci, quotidienne, et ce depuis 20 ans, pour mettre fin à l'excision et l'infibulation dans leur pays. Et ainsi, dire non à une tradition vieille de 27 siècles. Quel chantier!  Quel courage! Elles m'ont ensuite expliqué comment Femmes Solidaires, qui compte plus de 10 000 adhérentes et 190 comités locaux en France, a accompagné les militantes Afar en mettant en place le "Marrainage", en construisant une Maison des Femmes pour aider celles qui fuient les violences (Mutilations Génitales Féminines mais aussi les mariages forcés....).
En 2013 lors du Congrès National de Femmes Solidaires, j'ai fait deux autres rencontres: d'une part Sabine Salmon, Présidente nationale de Femmes Solidaires, d'autre part Madina Aïdahis, celle dont me parlait Aïcha Dabalé depuis quelques mois maintenant. J'ai été tellement touchée par  ses paroles, son courage qu'il me semblait évident de parler de cette histoire. En tant que journaliste reporter, je pensais évidemment à un reportage pour la presse écrite.  Puis, lors d'un déjeuner,  Sabine Salmon et le Dr Kouyaté (Directeur exécutif du Comité Inter-Africain qui lutte contre les traditions ayant des effets néfastes sur les femmes et les enfants) m'ont demandé si c'était possible de faire un film documentaire retraçant ces 10 années de solidarité internationale et réciproque. Ca tombait bien! Je sortais tout juste d'une formation de Journaliste Reporter d'Images. Il ne m'a fallu que quelques secondes pour accepter cette idée. Et l'aventure a commencé. Je me lançais dans l'écriture, la réalisation de mon premier film documentaire.
Comment produit-on un film sur un sujet aussi difficile ?
La solidarité de toutes les Femmes Solidaires, des amis et connaissances touchés par ce projet a permis de produire ce film. Les militantes ont récolté de l'argent pour me permettre de partir en Ethiopie en Avril 2014 et ainsi me permettre de suivre une délégation de Femmes Solidaires. Des amis m'ont prêté du matériel de tournage (caméras, micro, trépied,....). Ce film est une auto-production. Nous n'avons pas eu la chance à l'époque d'intéresser  producteurs et  diffuseurs. Alors lorsque l'on ne passe pas par le chemin conventionnel, on trouve des déviations. C'est plus laborieux certes, mais si passionnant et formateur. On y trouve également une certaine indépendance, une liberté si précieuse de nos jours. Ainsi, j'ai écrit, réalisé, cadré, pris le son, monté ce film. Pour les finitions encore de la solidarité, Medhi Lallaoui - directeur du Festival Images de la Diversité et de l'Egalité (Fidel) - a financé le mixage et l'étalonnage. Ce film, ce sont des rencontres, des solidarités, des femmes extraordinaires et de l'espoir....
Cette pratique ancestrale est-elle en voie de rémission dans cette région ?
 Je ne peux faire de généralités.  En tout cas dans les 7 villages où Madina, Halima, Aïcha et les Femmes Solidaires opèrent (à savoir 7 villages autour de la ville de Gawani située à 400 km au nord-est d'Addis Abeba), l'excision et l'infibulation ne sont plus pratiquées. Il y a toujours une minorité qui souhaite préserver cette tradition mais elle est de moins en moins audible voire peu appréciée. Il y a également une loi appliquée dans la région depuis 2011, qui interdit ces pratiques et condamne à de lourdes peines d'amendes et d'emprisonnement, l'exciseuse, les parents, les grands parents, et les complices. Les militantes Afar nous disent tout de même qu'il faut rester vigilantes malgré la loi, car il existe toujours des foyers de résistance. Cette vigilance s'applique de toute manière partout dans le monde quand il s'agit des droits des femmes. 
Vous avez choisi le documentaire pour témoigner, quelles autres armes avons-nous pour lutter contre cette pratique ?
La solidarité, s'informer, s'ouvrir au monde, témoigner pour les victimes, adhérer à une association comme Femmes Solidaires, faire un don pour aider ces femmes ! Acheter le DVD du film Kimbidalé.
Aujourd'hui "Femmes Solidaires" continue à aider les femmes Afar en luttant certes toujours contre les MGF mais aussi contre les mariages forcés. Pour ce faire, elles ont le projet de construire un internat pour scolariser les jeunes filles en âge d'être mariées, c'est à dire 12 ans. Pour construire cet internat qui sera à côté d'un collège et d'un lycée, il faut des financements. Nous démarchons actuellement institutions, fondations, organisations internationales pour réaliser ce projet d'internat. Autre projet qui demande également des aides financières, c'est le projet d'autonomisation des femmes Afar. Pour qu'elles puissent être plus fortes et dire non aux violences, elles veulent être autonomes, ne plus dépendre des hommes. Femmes Solidaires les aide à concrétiser leurs projets. 

Après le film a eu lieu une conférence-débat animée par Jacques CHEVALIER, coordinateur du Collectif Liégeois contre les Mutilations Génitales Féminines avec la participation de :

Yvette BARILLEAU, référente du projet Ethiopie des Femmes Solidaires,
Aicha DABALE, membre de la Direction des Femmes Solidaires,
Fabienne RICHARD, Directrice du GAMS-Belgique.

Voir des photos de la soirée :
Public 76 personnes ! : Photo Ibrahim : Photo Ibrahim : Photo Ibrahim
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 : Photo IbrahimJacques Chevalier : Photo AnnickNos conférencières
Fabienne, Yvette, Aïcha et Jacques : Photo Annick : Photo Afar : Photo Afar
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Cette soirée était organisée avec le partenariat de l'Echevinat de la Santé et de la Jeunesse de la Ville de Liège, Le Collectif Liégeois contre les MGF, le Centre d'Action Laïque de la Province de Liège, la Région Wallonne, MNEMA-Cité Miroir.

Après cette belle soirée où le public a été sensibilisé au travail réalisé en Ethiopie par les femmes de l'endroit aidée par les militantes de "Femmes Solidaires" dont Aicha Dabale et Yvette Barilleau présentes à Liège, un appel a été lancé pour trouvée des formes d'aides aux femmes de là-bas, l'idée est de soutenir le combat actuellement mené tel qu'il nouse a été présenté au départ de ce projet qui dure depuis quelques années, notre soutien peut être financier - ce qui est le plus facile - à plus pratique notamment sur place. LîDjibouti mais aussi le CLMGF vont prendre contact avec "Femmes Solidaires" pour coordonner nos actions afin surtout de ne pas se disperser et concentrer nos forces dans des objectifs communs réalisables.

Plus spécifiquement à Liège nous pourrions créer un comité de parrainnage avec des personnalités diverses pour soutenir l'action dans le village Afar soutenu par les Femmes Solidaires en Ethiopie. Envisager à plus long terme quelque chose du même genre dans le nord de Djibouti.

LîDjibouti tient à remercier publiquement Monsieur Fouad Chamas, Echevin de la Santé et de la Jeunesse de la Ville de Liège pour son énorme soutien à cette belle soirée.
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